
Comment les effets cumulatifs impactent le nord
Chaque écosystème est spécial, superbe et fragile à sa manière. Des climats côtiers de l’est et de l’ouest à l’abondance luxuriante des grandes plaines, aussi au littoral remarquablement accidenté de la région des Grands Lacs, il y a tant à célébrer et à apprécier. Mais sans oublier tout ce qu’il faut protéger.
Les populations qui vivent dans les climats plus tempérés du sud ont été considérablement exposées à la croissance et au développement industriel dont les impacts sont générationnels sur l’environnement, les populations et les activités des Premières Nations et des Métis locaux. Dans le nord, l’écosystème est maintenant vulnérable aux effets des changements climatiques et de l’activité humaine, alors que le paysage était demeuré relativement intact et florissant pendant des millénaires. Les Inuits, en particulier, ont un intérêt direct à comprendre les effets cumulatifs et à s’impliquer face à ce phénomène.
Les effets cumulatifs sont les changements causés par la multiplicité des interactions des activités humaines et des processus naturels au fil du temps. Les effets cumulatifs touchent l’écosystème, la flore et la faune, ainsi que la santé, la culture et l’utilisation traditionnelles des terres des peuples autochtones.
Pour les Inuits, les effets cumulatifs peuvent avoir un impact durable pendant des générations. Devant l’avancée de la croissance, de l’exploitation des ressources et de l’utilisation industrielle des terres dans le nord, il est important d’examiner comment les Inuits peuvent mieux évaluer, gérer et surveiller les effets cumulatifs sur l’écosystème local et régional.
Voici comment les effets cumulatifs pourraient toucher le nord :
1. Utilisations des terres qui ont un impact permanent
Avec les avantages économiques considérables de la croissance, des nouveaux emplois et de l’exploitation des ressources, viennent aussi les effets cumulatifs. L’accroissement des populations se traduit par l’élargissement des zones résidentielles et de l’infrastructure communautaire. Plus de personnes signifient plus de gaspillage. Plus de personnes signifient aussi le besoin de plus de transport terrestre, sur l’eau et dans les airs.
L’exploration et l’exploitation minières, par exemple, sont trop souvent considérées comme des activités temporaires. En réalité, bien après la fin des activités d’exploration et la fermeture des mines, les effets continuent d’avoir un impact durable sur l’environnement. Les bâtiments, les infrastructures et les polluants ont de grands impacts sur le paysage, le pergélisol et la faune.
2. Environnement, faune, oiseaux et mammifères marins
On peut observer les effets cumulatifs dans la chaîne alimentaire. Les substances toxiques peuvent être absorbées par la faune terrestre, les oiseaux et les mammifères marins, par l’entremise d’un processus de bioaccumulation, et interférer avec les fonctions biologiques de base comme la reproduction. Inévitablement, cela peut réduire le nombre d’animaux, affliger les récoltes et les aliments locaux qui peuvent ne plus être sûrs. Certaines utilisations des terres peuvent chasser les animaux qui vivent en troupeau et les oiseaux et changer leurs modes de migration.
3. Utilisation traditionnelle des terres et bien-être
La plus grande préoccupation à l’égard des effets cumulatifs réside dans leurs impacts sur les peuples autochtones et sur l’utilisation traditionnelle des terres. C’est une partie importante de la culture et des modes de vie des Inuits. L’expansion de l’exploitation des ressources et de l’utilisation industrielle des terres a des répercussions profondes sur ceux et celles qui utilisent régulièrement les terres comme moyen de survie et de subsistance.
Les peuples autochtones peuvent ne pas être en mesure d’utiliser les terres et les ressources ou d’exercer les pratiques traditionnelles à proximité des activités d’exploitation. Pour les Inuits qui continuent de vivre de la terre, ces impacts peuvent mettre à risque le bien-être des familles.
Comme nous l’avons vu récemment à Iqaluit, même les sources d’eau et le réseau de distribution de la ville peuvent être profondément impactés par les polluants. Un déversement d’hydrocarbures dans l’eau douce, dans un accident de ravitaillement ou en raison d’un entreposage inadéquat, peut causer de grands dommages à l’environnement et à la santé communautaire.